A peine qualifié, William Gallas annonce la couleur: il ira à l'Euro pour le gagner et étoffer son palmarès. Pour le défenseur d'Arsenal, l'équipe de France possède une génération de joueurs capables d'y parvenir. Mais, avant cela, il veut "finir le boulot" en Ukraine, mercredi.
WILLIAM GALLAS, que ressentez-vous maintenant que la qualification est acquise ?
W.G. : Je suis heureux... et soulagé. Je suis heureux parce qu'on sera bien au championnat d'Europe. Et Soulagé parce qu'on est déjà qualifié alors que ça n'était pas évident. Inconsciemment, lorsqu'il faut absolument gagner à l'extérieur, il y a une certaine pression et, en général, ce n'est jamais évident.
Dans ce contexte, que représente désormais le match en Ukraine, mercredi ?
W.G. : Il compte pour nous. Ça ne change pas grand chose en fait. Pour nous, l'important est toujours d'aller en Ukraine et de tout faire pour l'emporter. Même si on est déjà qualifié, on ne prend pas ce match comme un match de préparation à l'Euro. Il faut terminer le boulot comme il faut. Pour cela, il faut gagner là-bas ou ramener un bon résultat. Mais ça va être très difficile.
Quel bilan tirez-vous de ces éliminatoires ?
W.G. : Le bilan est très bon à partir du moment où il y a la qualification. J'aurai eu des regrets si on n'avait pas été qualifiés. Il y a eu les deux revers face à l'Ecosse mais ils vont nous permettre de revoir certaines choses. Si on retombe contre des équipes qui jouent de la même façon, on ne refera pas les mêmes erreurs. Il faudra travailler à l'entraînement et en parler avec le coach.
Selon vous, ce groupe a-t-il les moyens de gagner l'Euro ?
W.G. : Ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a un super groupe avec des jeunes qui se sont bien intégrés. L'envie est là. Si on va là-bas à l'Euro, c'est pour faire quelque chose et aller au bout. On a les qualités pour, les joueurs pour. Pourquoi pas. Mais ce sera moins évident qu'une Coupe du monde parce que l'on va tomber face à des équipes européennes qui n'ont pas le même style de jeu que des équipes sud-américaines ou asiatiques.
Vous êtes-vous fixé un objectif minimum ?
W.G. : L'objectif minimum, c'est la finale ! En 2004, on a vu que la Grèce a pu remporter le Championnat d'Europe. Ça prouve que toutes les équipes qui pourront y participer auront leur chance. Il n'y a pas vraiment de favoris pour moi. Il faudra être prêt tout de suite, dès le premier match, et ne pas faire d'erreurs. Mais on a des joueurs qui ont pas mal d'expériences, on pourra bien aborder cette compétition.
Que doit améliorer l'équipe de France avant l'Euro ?
W.G. : On peut toujours s'améliorer. On peut peut-être s'améliorer sur le plan défensif. Lorsque l'on voit que l'on prendre deux buts face au Maroc ou qu'on a perdu deux fois face à l'Ecosse... Pour cela, il faudra travailler à l'entraînement, parler avec le coach et préparer nos matches comme il faut. Mais, pour nous, c'est qui est primordial, c'est d'être prêt au moment voulu. Et ça va venir dès mercredi.
A 30 ans, avez-vous envie de vous construire un palmarès en équipe nationale ?
W.G. : Certains joueurs ont déjà gagné une Coupe du monde ou un Championnat d'Europe. Moi, j'ai envie d'avoir un bon palmarès. Pour cela, il faudra aller jusqu'en finale et la gagner. Je pense que je ne suis pas le seul. Je pense qu'il y a d'autres joueurs qui ont envie de remporter cette compétition. On se donnera tous les moyens pour y parvenir.
Quels souvenirs gardez-vous de l'Euro 2004 ?
W.G. : De très bons souvenirs. Mais c'est vrai qu'on aurait sans doute pu aller plus loin. Malheureusement, on a été éliminé face à la Grèce. C'est le seul "hic". Mais bon, ils ont gagné l'Euro donc ça prouve qu'ils étaient meilleurs que tout le monde. Ils avaient leur tactique et ils l'ont bien appliqué. Mais on a aussi vécu de bons moments. Vous savez, quand vous passez plusieurs semaines ensemble, il y a des choses qui se dégagent dans un groupe. On était content d'être ensemble et je crois que ce sera la même chose pour le prochain Euro.
Y avait-il alors une bonne ambiance autour de Jacques Santini ?
W.G. : A mes yeux, oui...
Tu as connu l'échec de l'Euro 2004 et la réussite du Mondial 2006. Qu'est-ce qui fait la différence ?
W.G. : Je pense qu'il faut être chanceux. Si vous n'avez pas de chance, vous pouvez parfois passer à côté de pas mal de choses. J'ai connu la Coupe du monde 2006. Il y avait tout pour aller jusqu'au bout mais malheureusement... on a perdu aux tirs au but. Manque de pot, manque de chance... Je ne sais pas.
Au Portugal, ce n'est pas de la chance qui a manqué...
W.G. : Non. C'était... autre chose.
Il y a des jeunes qui vont jouer leur première grande compétition. Que pouvez-vous leur apporter ?
W.G. : On peut les aider à préparer leur match comme il faut. Mais on va être trois semaines ensemble et ce sera à eux de bien se gérer, de bien évacuer la pression qu'il y aura autour d'eux. Il faudra bien discuter avec eux. Mais ils peuvent également amener une bonne ambiance. C'est important, cela permet d'être bien ensemble.
Aujourd'hui, vous vous sentez plus fort, plus expérimenté ? Aurez-vous un rôle de cadre à jouer ?
W.G. : Plus expérimenté, oui. Mais aujourd'hui, tous les joueurs de l'équipe de France sont expérimentés. Il n'y aura pas grand chose à leur dire. Lilian (Thuram) est plus expérimenté que moi, Claude (Makelele) aussi. Même s'il est plus jeune, Eric (Abidal) a déjà beaucoup d'expérience. Il y a aussi Titi (Henry), Franck (Ribéry)... Pour moi, ça ne va pas changer grand chose. En 2004, j'étais parti pour jouer arrière droit. C'est-à-dire que je m'étais préparé dans la tête. En 2006, c'était pour jouer dans l'axe et j'étais également prêt. En 2008, ce sera la même chose. Je vais préparer ce championnat d'Europe comme il faut pour jouer dans l'axe.