L'équipe de France a prévu de gagner Thorshavn samedi à midi et de jouer, comme prévu, le match programmé à 17 heures, comptant pour les qualifications de l'Euro 2008. Aucune demande de report n'était projetée vendredi à l'hôtel Scandic de Bergen, en Norvège, où la délégation tricolore s'est posée après 23 heures pour passer la nuit. «De notre point de vue, on se prépare pour jouer demain (samedi), nous a déclaré le porte-parole de l'équipe, Yann le Guillard, joint peu avant 1 heure du matin. Pour l'instant, le pilote de l'avion nous indique qu'on décollera vers 11 heures. Nous sommes programmés pour faire le match.» Il n'était pas envisagé de rallier Thorshavn en ferry, la liaison prenant plus de cinq heures.
La délégation française aura passé plus de onze heures dans différents avions, vendredi, faisant escale à Aberdeen en Écosse puis Bergen, en Norvège, en raison de l'impossibilité de se poser dans la capitaine féroïenne, gagnée par un brouillard et un vent de tous les diables. Ce n'est pas faute d'avoir essayé, l'appareil ayant effectué plusieurs tours autour de la piste avant de juger la manoeuvre impossibe. «Ce sont des péripéties dont on se serait bien passé. Si on avait pu faire autrement, on ne s'en serait pas privé. Mais on reste programmé pour jouer», assure Yann Le Guillard. Elles n'ont pas empêché les joueurs de s'alimenter normalement, ceux-ci recevant deux repas et une collation aux horaires prévus. Toute la délégation loge dans le même hôtel, à Bergen.
Pas de reconnaissance de stade
Ce contre-temps aura empêché les Bleus de procéder au traditionnel dernier entraînement sur la pelouse du stade. «Cette dernière séance n'est pas la plus intensive. C'est plus une reconnaissance de terrain. Les joueurs se sont entraînés toute la semaine et on connaît déjà le stade, ça ne change pas grand chose», assure Yann Le Guillard. Selon le site officiel de la FFF, les joueurs ont pris les choses avec bonne humeur et sérénité, s'occupant en dormant, en lisant (photo archives L'Equipe), en écoutant de la musique ou en jouant aux cartes.
D'autres acteurs essentiels de la rencontre n'ont toujours pas rallié les Féroé pour les mêmes raisons : les arbitres turcs sont coinçés au Danemark et le délégué de l'UEFA est en stand-by en Islande - avec une partie des journalistes français. Le sélectionneur des îles Féroé a manifesté une certaine mauvaise humeur devant la tournure des événements. D'habitude, a-t-il rappelé, les équipes venant jouer aux Féroé arrivent deux ou trois jours avant la rencontre. Et d'invoquer la responsabilité des Français. Selon le réglement de l'UEFA, l'équipe visiteuse est obligée d'arriver au moins la veille du match.
En 2004, c'est le retour qui avait été retardé
En cas de persistance du mauvais temps, les textes de l'UEFA prévoient la possibilité de reporter la rencontre de 24 heures, une solution qui n'arrangerait pas l'équipe des Féroé, laquelle a l'intention de partir dimanche pour l'Ukraine, où elle joue mercredi. Sinon, le match pourrait être reporté à une date ultérieure. Ce qui arrive là n'est pas en soi une grande surprise. En septembre 2004, l'équipe de France n'avait pas pu rentrer le lendemain de son match, gagné 2-0, comme prévu. Elle avait été bloquée 24 heures supplémentaires sur place en raison d'une météo trop contraignante. - Cé. Ro. (avec J. H. à Thorshavn)