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ANALYSE - EQUIPE DE FRANCE

ANALYSE - EQUIPE DE FRANCE

Posté le 16.09.2007 par footballmania
L'équipe de France a été battue à Paris par l'Ecosse (0-1), sur un but exceptionnel de James MacFadden. Une défaite exactement jumelle de celle concédée il y a un an à Hampden Park et qui fragilise désormais les chances des Bleus d'aller à l'Euro 2008.

72% de possession du ballon

Il avait une telle puissance symbolique, ce retour des Bleus au Parc des princes, que chacun avait un peu oublié le statut qui était celui de l'enceinte parisienne lorsqu'elle laissa les clefs au Stade de France : un stade qui n'était plus plein, qui sifflait les siens, et où avait eu lieu le plus gros fiasco du football français. Il y avait eu Israël (2-3) et la Bulgarie (1-2) en 1993, puis plus grand chose. Il y aura désormais l'Ecosse, venue répéter dans le XVIe arrondissement le coup invraisemblable qu'elle avait réussi chez elle à Glasgow il y a un an. Une fois, cela avait paru gros. Deux fois, c'est carrément énorme, comme le serait la surprise qui expédierait l'Ecosse à l'Euro 2008, elle qui n'a plus disputé la moindre compétition d'envergure depuis la Coupe du monde 1998. L'équipe d'Alex McLeish l'a emporté 1-0 sur un but venu d'ailleurs de James McFadden, un tir violent de 35 mètres sorti d'un jeu vidéo mais bien entré dans le but de Landreau, dont c'est là le premier but encaissé en équipe de France. La position très favorable qui était celle des Bleus avant cette soirée devient très délicate, dans ce groupe B des qualifications. Conjuguée à la victoire de l'Italie en Ukaine (2-1, doublé de Di Natale), elle place les Bleus en troisième position, à 2 points de son bourreau, et à une unité de l'Italie, qui ira à Glasgow le mois prochain.

A défaut d'avoir un talent qui crève les yeux, les Écossais ont au moins la cohésion, les tripes et la confiance qui font les équipes compétitives, quelque chose qui rappellerait vaguement la Grèce de l'Euro 2004, sans le marquage individuel. Ils ont en tout cas la compétence naturelle de faire exploser en vol l'équipe de France en lui laissant le ballon. France - Ecosse en foot, c'est un peu France - Argentine en rugby : rien de bien neuf à chaque fois, mais c'est toujours la présumée petite équipe qui gagne en employant des recettes connues d'avance. Le match ? 72% de possession du ballon pour les Bleus (75% en première période). Un ballon qui va à gauche, à droite, qui revient à gauche, qui repasse à droite sans sourciller, qui franchit les lignes sans trop galérer, mais qui, épris de lassitude, finira bien par s'envoler dans une improbable frappe non cadrée ou par un centre dans le tas, où les Britanniques sont en supériorité numérique. Les attaquants français, malgré quinze tirs (quatre cadrés), n'ont pas authentiquement déséquilibré la défense britannique avant la 55e minute et ils ne le feraient plus ensuite. Peu avant que le match bascule sur ce but que seul l'esseulé McFadden, parmi 45 000 personnes, avait pu concevoir, une jolie fausse piste de Ribéry et un jeu de remise impeccable avec Anelka plaça deux fois le joueur du Bayern en position (arrêt de Gordon, puis à côté). Dans la foulée, un habile jeu en triangle permettait cette fois à Anelka de tenter sa chance, encore sur Gordon.


Sans Gallas, avec Trezeguet...

Il n'y aurait plus rien de comparable, le sauve-qui-peut des vingt dernières minutes, enfiévré mais décousu (trois défenseurs et un récupérateur dans le onze tricolore...), n'a pas permis aux Bleus de réaliser dans l'urgence ce qu'ils n'avaient pas réussi pendant une heure. Vieira et Makelele ont payé dès la reprise les efforts de Milan (le premier fut remplacé à la 70e.) Mêmes causes qu'à Glasgow, mêmes effets, vraiment. A l'heure de constater une deuxième fois les redoutables limites des finalistes de la Coupe du monde lorsqu'ils sont attendus sur le plan de la réalisation offensive, il y a aussi, par rapport à Hampden, cette gémellité troublante dans la structure de l'équipe et du jeu des Bleus. Il y a décidément plus de chances de perdre quand Gallas est indisponible (c'est arrivé quatre fois sur six) et quand Trezeguet est titulaire dans ce 4-4-2 décidément moins tendance que le 4-2-3-1 né en 2006. Un peu à la surprise générale, mieux vaut avoir l'honnêteté de le dire, le sélectionneur avait remplacé Henry suspendu par le buteur de la Juve, plutôt que par un Benzema au profil plus proche du grand absent. Trezeguet, en Serie A comme en Serie B, ça marche du feu de Dieu. En équipe de France, ça échoue platement depuis deux paires d'années maintenant, et cela avait échoué en Ecosse (0-1) comme devant l'Argentine (0-1) dans un passé tout frais. Le bougre ne touche pas le ballon dans cette équipe. Que cela appartienne à son style de jeu propre ou à celui de l'équipe importe peu aujourd'hui. Le constat, c'est qu'il faudra sans doute aller à Kiev pour obtenir la qualification, si d'aventure elle est encore en jeu dans deux mois. Les Bleus voulaient l'éviter. Ils ont échoué dans leur premier objectif. Pour le deuxième, il y aura les Iles Féroé (13 octobre) et la Lituanie (le 16) le mois prochain. Deux équipes qui jouent comme l'Ecosse, en moins bien. Mais comme l'Ecosse quand même.




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